Énergie primaire, secondaire, finale : la RT 2012 et l’optimisation énergétique de l’habitat

bruno

Le législateur entend lutter contre les constructions nouvelles « énergivores » : avec les phénomènes liés au gaz à effet de serre, la raréfaction des ressources naturelles et la volonté d’indépendance énergétique, le législateur pose le principe que l’habitat n’a pas à consommer plus d’énergie que nécessaire aux besoins des occupants.
C’est donc l’optimisation des besoins énergétiques de l’habitat, par une conception de qualité, qui constitue l’une des cibles de la réglementation thermique.

Afin de saisir les enjeux de la RT 2012, il apparaît essentiel de comprendre la notion d’énergie au sens de ces nouvelles normes.

Énergie primaire

L’INSEE définit l’énergie primaire comme étant :

Energie primaire

l’ensemble des produits énergétiques non transformés, exploités directement ou importés (source : INSEE)

À titre d’exemple, l’INSEE cite notamment :

  • le gaz naturel,
  • le pétrole brut,
  • ou encore l’énergie nucléaire.

À noter que certaines sources d’énergies renouvelables peuvent être considérées comme de l’énergie primaire, par exemple le solaire, l’éolien ou la biomasse. La RT 2012 prévoit à ce titre une pondération (voir « modulation du Cepmax » , abordée dans ce dossier plus en détails ultérieurement).

Énergie secondaire et finale

Energie secondaire

L’énergie primaire peut être transformée en une autre forme d’énergie, appelée « vecteur énergétique » ou énergie secondaire. Une telle énergie est considérée comme un vecteur dans la mesure où elle sert, de manière imagée, de « véhicule » entre l’énergie primaire et finale.

Ainsi, l’électricité obtenue par la fission de l’uranium correspond à une énergie secondaire (source : Futura-sciences).

À savoir que la production d’énergie secondaire consomme elle-même de l’énergie :

  • La transformation d’une énergie primaire en énergie secondaire implique une perte de rendement énergétique ;
  • La transformation d’une énergie primaire peut nécessiter de recourir à de l’énergie.

Energie finale

L’énergie finale correspond, selon l’INSEE, à « l’énergie prête à être consommée directement par l’utilisateur » (source : INSEE).

Très concrètement, il s’agit par exemple de l’énergie consommée lorsqu’une chaudière est en fonctionnement.

Consommation finale d’électricité par secteur
Année 2008 2009 2010 2010/2009 (en %)
Résidentiel tertiaire 288,1 288,8 301,1 4,3
Industrie 120,9 108,1 110,5 2,2
Transport 12,7 12,3 12,3 0,2
Sidérurgie 11,8 8,8 10,2 16
Agriculture 6,5 7,3 7,9 7,3
Total 440 425,3 442 3,9

Source : INSEE, « Consommation finale d’électricité par secteur »

L’énergie primaire, le cœur de cible de la réglementation thermique

De ces trois « formes » d’énergie (primaire, secondaire et finale), c’est l’énergie primaire qui est la principale concernée par la RT 2012. Dans les faits, la démarche du législateur consiste à améliorer « à la source » le cycle de production énergétique indispensable à l’habitat, tendant de fait à optimiser par réaction en chaîne les autres « formes » d’énergie.

Ainsi, l’article 4 de la loi Grenelle I du 3 août 2009 pose une ambition chiffrée :

La consommation d’énergie primaire des constructions neuves d’habitation ne doit pas excéder le seuil de 50 kilowattheures par mètre carré et par an en moyenne

Cet objectif s’inscrit dans le cadre d’un long processus réglementaire.